Les bilans de la coupe du monde : une fierté pour l’Afrique en général et l’Afrique du sud en particulier
La victoire de l’Espagne fait plaisir à voir. Après avoir perdu le premier match, les Espagnols ont su se concentrer et déjouer tous les pronostics qui faisaient du Brésil, de l’Argentine et de l’Allemagne les pays susceptibles de l’emporter, même si l’Espagne était considérée comme un champion qui avait toutes ses chances. Le Brésil et l’Argentine tenaient le haut du pavé et on sait ce qu’il advint de ces deux pays, le premier défait par les Pays Bas, le second par l’Allemagne en quart de finale.
Quels bilans tirer de cette aventure africaine voulue par le Président de la FIFA Sepp Blatter ?
1. Sur le plan du jeu, le bilan est moyen, voire médiocre, surtout pour les principaux pays africains, Cameroun, Cote d’Ivoire, Nigéria, dont on attendait mieux que les éliminations dont ces pays ont semblé se contenter. Heureusement que le Ghana a sauvé l’Afrique en général et l’Afrique du sud en particulier. N’eut été cette précipitation lors du pénalty contre l’Uruguay, le Ghana aurait pu se retrouver dans le dernier carré des grands pays du football mondial. Au-delà des pays africains, les stars du football mondial évoluant principalement en Europe, comme Kaka, Messi, Eto, Drogba, ont largement déçu. Ils ont été en deçà de ce que le public pouvait attendre de leurs prestations footballistiques. Mention spéciale à l’Uruguay, une petite équipe sans gros moyens, mais farouchement volontaire et collective, à l’image de l’Espagne. L’Uruguay a démontré ce que pouvait faire une petite équipe, d’ailleurs Forlane, son joueur fétiche, a été élu meilleur joueur de ce mondial.
2. Sur le plan de l’arbitrage, des erreurs ont été constatées, la plus flagrante étant celle du match Allemagne/Angleterre. La question de l’introduction de la vidéo est revenue au premier plan et elle continuera à diviser les principaux dirigeants du football mondial et on espère que d’ici la prochaine coupe du monde en 2014 au Brésil la question sera résolue. Globalement l’arbitrage a été plus ou moins bon, même si on peut espérer que lors de la finale Pays Bas/Espagne l’arbitre aurait dû prendre des décisions plus radicales pour éviter la multiplication des cartons jaunes.
3. Sur le plan de l’organisation, bravo à l’Afrique du sud. Deux déclarations vont dans ce sens : celle de Sepp Blatter Président de la FIFA et celle de Franz Beckenbauer joueur allemand illustre devant l’éternel. L’Afrique du sud a montré que l’organisation peut être la clé du développement économique, politique et culturel. Avant le mondial, la plupart des journalistes, surtout européens, ont exacerbé les peurs concernant la dangerosité globale de l’Afrique du sud. Certains d’entre eux ont été jusqu’à craindre un acte terroriste, or rien de tout cela. L’Afrique doit s’appuyer sur l’exemple de l’Afrique du sud pour croire en elle. La coopération entre l’Europe et l’Afrique doit exister, mais les Africains doivent former leurs propres cadres techniques (entraineurs, managers, kinés) au lieu de faire appel systématiquement à des entraineurs mercenaires européens qui viennent d’abord en Afrique pour se remplir les poches d’euros convertis en francs CFA. Certains de ces entraineurs, comme ceux de la Cote d’Ivoire ou du Nigéria, n’avaient rien à faire sur le terrain, plus préoccupés par eux-mêmes et la fin des matchs, que par le jeu.
4. L’Afrique du sud a gagné au plan de la crédibilité de l’organisation. Il lui reste à demander l’organisation des jeux olympiques, c’est la récompense normale après un évènement de cette taille, même si les conditions d’organisation des jeux olympiques restent différentes. Que les autres pays africains se mobilisent en prenant attache avec les organisateurs sud africains pour dynamiser le football dans leurs pays respectifs, tant au niveau du jeu qu’à celui de l’organisation. Au-delà du mondial, il faut espérer que l’Afrique du sud montrera la voie aux autres pays africains en matière de développement dans toutes ses dimensions.
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Le « capital humain » source de développement économique et de l’innovation :
Une solution pour l’Afrique noire francophone ?
L’Afrique noire francophone regorge de personnes formées grâce à leurs études dans tous les domaines. Ces personnes constituent le capital humain, mais force est de constater que ce capital humain est incapable de promouvoir les conditions de décollage, d’industrialisation et de développement de l’Afrique noire francophone.
Le capital humain est un concept économique que l’on retrouve dans les théories économiques anciennes, chez Adam Smith, Stuart Mills, et dans les théories modernes souvent d’approches néo classiques comme celle de l’école de la croissance endogène. Pour les théories modernes néo classiques le capital humain serait à la source de la formidable croissance des Etats Unis et actuellement de la Chine. Le capital humain articulé dans un contexte de recherche et de développement serait à la base de l’innovation qui a permis l’éclosion de la société informative et des nouvelles télécommunications dans laquelle nous vivons et dont les sources sont situées aux Etats Unis.
L’Afrique noire francophone bénéficie des apports du capital humain américain, européen et aujourd’hui asiatique. Ces effets bénéfiques se traduisent sous de multiples formes (internet, Facebook, Twitter, électronique….), un ensemble de modalités pratiques rendues possibles par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
L’Afrique noire francophone grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication peut se permettre de ne pas subir les contraintes des étapes de développement de la croissance analysées par l’économiste américain W.W. Rostow (La société traditionnelle, La mise en place des conditions préalables au décollage, Le décollage, La marche vers la maturité, L'ère de la consommation de masse). Néanmoins, un problème demeure : comment connecter la société traditionnelle avec la consommation de masse fondamentalement commerciale dont les produits proviennent de la marche vers la maturité, c'est-à-dire du cycle industriel ? L’Afrique noire francophone est incapable d’organiser le capital humain de l’amont en aval d’un cycle de production, comme celui de l’exploitation de l’uranium ou du pétrole, et pourtant il y a trop de discours sur les bienfaits du capital humain pour le développement économique de l’Afrique noire francophone.
Il faut arrêter ce type de discours et revenir à l’essentiel : l’essentiel est d’établir dans chaque pays africain une vaste reprogrammation des ressources éducatives et des besoins indispensables pour la croissance et le développement. Chaque pays de l’Afrique noire francophone n’a pas les moyens théoriques, financiers et intellectuels de ce vaste travail. Il faut donc adopter une approche régionale au sein de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) et de l’UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest). Pour réussir ce vaste travail de mobilisation de recensement des ressources éducatives et de la nécessité d’impulser le capital humain comme facteur de développement, chaque pays de chaque zone régionale doit décider de consacrer un pourcentage de ressources financières à prélever, soit sur l’exploitation du pétrole et des matières premières, soit sur le budget en général. Il faut que les Africains de l’Afrique noire francophone arrêtent les lamentations, les pleurs traditionnels dont l’Occident nous gratifie pour exister réellement dans ce monde qui se transforme.
Le capital humain est indispensable à la croissance et au développement. Il faut que les pays d’Afrique noire francophone, avant d’atteindre le niveau régional, fassent l’objet du recensement des ressources humaines productives et intellectuelles à l’intérieur du pays tout en incluant la diaspora. Il y a des modalités précises pour le faire. La volonté politique est nécessaire, or malheureusement les pays noirs francophones sont plus préoccupés par les joutes de politiques politiciennes et de politiques sociétales, c'est-à-dire celles qui visent à fixer les objectifs, les réalisations et les moyens financiers en termes de construction d’infrastructures, des hôpitaux, et d’accroissement des moyens pour résoudre la pauvreté, le manque d’eau et d’électricité qui sont la règle dans l’ensemble des pays noirs francophones.
A force de vouloir trop mettre en avant la politique politicienne, dont on sait les rapports et les adoubements venus de l’extérieur, les pays africains et leurs intellectuels risquent d’être des abonnés à la vétille revendicative récurrente en matière de développement et aux pleurs et critiques inutiles des pouvoirs en place, surtout en ce qui concerne les intellectuels africains, ceux de la diaspora. La formation initiale des élites en Afrique francophone est essentiellement articulée autour des Sciences humaines, formation nécessaire mais manifestement insuffisante en ce qui concerne le développement technologique et scientifique. La formation du nouveau capital humain en Afrique noire francophone doit mettre l’accent sur la technologie et ses capacités nouvelles, comme on le voit aujourd’hui en Chine avec le bus volant qui permet de laisser passer un certain nombre de voitures pour fluidifier le fonctionnement des autoroutes.
Il nous faut fluidifier les mentalités en Afrique noire francophone et faire du capital humain technologique et scientifique l’enjeu de demain pour le développement de l’Afrique noire francophone. Au-delà des paroles toujours généreuses des dirigeants politiques, des intellectuels de l’intérieur et de la diaspora, en sommes-nous réellement capables ou devrons-nous être abonnés à la domination récurrente du capital humain issu des pays occidentaux ? Après on pourra toujours se lamenter comme nous en avons l’habitude. Ce n’est pas de l’afro pessimisme mais du réalisme, trop habitués à ce que l’argent issu des échanges de nos pays avec le reste du monde et transitant par le coffre fort du Trésor serve d’abord à garantir le clientélisme politique.